Délégationdu Val-d’Oise

Accueil de jour en poésie

Un bénévole de la maison Hervé-Renaudin de Pontoise nous fait partager en poésie une journée de cet accueil de jour du Secours Catholique.

Un vendredi comme un autre

Cela se passait un vendredi du mois d’avril le quatorzième jour
En cette maison Hervé-Renaudin où l’on ne reste pas sourd
Aux sollicitations de ces personnes venues confier leurs soucis
À ces cinq bénévoles, tout disposés à écouter ces accueillis.

Ils vinrent près de quarante, désireux de prendre une nourriture
Faite de pains, de boissons, de beurre, de miel mais aussi de confitures,
Rassasiés pour un moment, fut-il copieux ou peu abondant.
Huit d’entre eux s’approchèrent des eaux qui coulaient généreusement.

Leur linge, leur pauvre linge, malmené, souillé parfois volé
Demandait à être lavé, séché, transformé par ces machines sophistiquées
Prêtes à recevoir les huit filets savamment numérotés et enregistrés,
Puis lavés, étalés sur des étendoirs pareils à des antennes d’un temps passé.

Faut-il s’en arrêter là, tout est-il dit ? Non, certes, car les jeux,
Qui chassent les idées vagabondes, rassemblent des esprits soucieux
De gagner quelque estime et de paraître pour un moment
Un premier qui, dans leur vie renversée, leur a été souvent absent.

C’est dans le bureau où siège la machine frappée par le syndrome de l’escargot,
L’ordinateur, serviteur des CV, dossiers, chiffres, courriers, veut faciliter le boulot
Pour tous ces demandeurs de confection de papiers destinés à leur offrir
Une situation plus ensoleillée, rêvée depuis longtemps par leur désir de partir.

Les regards se croisent quand certains racontent toutes les vicissitudes
Dans un tête-à-tête souhaité pour dire leurs nombreuses inquiétudes
Alimentées par une inconnue, celle de savoir où coucher ce soir
Ou quel sera ce lendemain incertain qu’ils ne veulent pas voir.

Mais que sont-ils donc venus faire dans ce lieu, sombre,
Propice à rassembler, en un seul mouvement toutes les ombres
Qu’ils projettent sur chacun d’entre nous, attendant un bisou
Capable de calmer la tendresse ratée quand se disaient les histoires de loup ?

Qui sommes-nous, nous qui recevons leurs tourments et leurs révoltes
Sommes-nous des porteurs d’amour ou des acteurs désinvoltes
Soucieux de certifier notre bienséance ou de recevoir de ces gens de misère
La grâce de celui qui, dans sa vie de Verbe, a été le témoin de l’Amour du Père ?

Bernard Pommereuil

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